Le deepfake

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Le deepfake [ˈdiːpfeɪk], ou hypertrucage, est une technique de synthèse multimédia reposant sur l’intelligence artificielle. Elle peut servir à superposer des fichiers vidéo ou audio existants sur d’autres fichiers vidéo ou audio. Cette technique peut être utilisée pour créer des infox et des canulars malveillants

Un deepfake est un faux enregistrement vidéo ou audio, très réaliste, ayant été réalisé ou modifié grâce à l’intelligence artificielle (IA). Dans les vidéos deepfake, on peut remplacer de façon très convaincante le visage ou la voix d’une personne par ceux d’une autre, ce qui permet de s’amuser avec le média synthétisé ou de diffuser de fausses informations, à des fins malveillantes.

Le mot « deepfake » est un mot valise composé à partir de « deep learning » et « fake ». « Deep » fait référence à l’apprentissage profond (deep learning), une méthode permettant d’entraîner les ordinateurs à penser naturellement comme un cerveau humain. Et « fake » souligne la nature trompeuse des médias deepfake.

Les deepfake brouillent les frontières entre réalité et infox, rendant de plus en plus difficile de croire ce que l’on voit

Qu’est-ce qu’un “deepfake”

Le terme “deepfake” fait référence à une technique de synthèse multimédia reposant sur l’intelligence artificielle. Elle consiste notamment à superposer des traits humains sur le corps d’une autre personne – et/ou à manipuler les sons – pour générer une expérience humaine réaliste. L’acteur Val Kilmer a perdu sa voix caractéristique suite à un cancer de la gorge en 2015, mais la technologie de l’hypertrucage de Sonantic a récemment été utilisée pour permettre à l’acteur de “parler”.

Des internautes ont également exploité les hypertrucages de célébrités sur les plateformes de médias sociaux, ce qui vient encore souligner l’omniprésence (et la précision) de la technologie sur laquelle ils reposent

Les menaces du deepfake – fraude et chantage

Des vidéos deepfake ont déjà été utilisées à des fins politiques, ainsi qu’à des fins de vengeance personnelle. Cependant, aujourd’hui, elles sont de plus en plus utilisées dans le cadre de tentatives de chantage et de fraude.

Certains se demandent donc en quoi les deepfakes posent un problème. Utilisés pour la fraude, la manipulation, la vengeance ou la tromperie (notamment pour la désinformation ou la diffusion d’opinions politiques), les deepfakes peuvent causer beaucoup de dommages, tant au niveau personnel que sociétal.

Il va de soi qu’une technologie de type universel comme celle-ci peut aussi être utilisée à mauvais escient, par exemple pour une usurpation d’identité frauduleuse à des fins lucratives ou pour des connexions frauduleuses à des systèmes à commande vocale.

Les vidéos deepfake en sont toujours à un stade où il est facile de les détecter vous-même. Une vidéo deepfake pourra présenter les caractéristiques suivantes :

  • mouvement saccadé
  • variations de lumière d’un plan à l’autre
  • variations au niveau de la couleur de peau
  • clignements étranges ou pas de clignements du tout
  • lèvres mal synchronisées avec la parole
  • artefacts numériques dans l’image

Mais à mesure que les deepfakes se perfectionnent, vos yeux vous seront de moins en moins utiles et vous ne pourrez plus compter que sur un bon programme de cybersécurité.

Le deepfake continue à évoluer. Il y a encore deux ans, il était très facile de repérer les vidéos deepfake à la maladresse des mouvements et à l’absence de battements de paupières. Mais les fausses vidéos dernière génération ont évolué et se sont adaptées.

On estime qu’il y aurait actuellement plus de 15 000 vidéos deepfake en circulation. Alors que certaines sont juste humoristiques, d’autres tentent de manipuler nos opinions. Mais maintenant qu’il ne faut plus qu’un jour ou deux pour réaliser un nouveau deepfake, ce chiffre pourrait augmenter très rapidement

Regardez cet exemple de deepfake de l’ancien président américain Barack Obama, où il utilise un langage vulgaire et insulte Donald Trump

Les deepfakes sont-ils légaux ?

En soi, les deepfakes sont légaux presque partout, mais la légalité de deepfakes spécifiques dépend du contexte et de l’intention, et varie d’un pays à l’autre.

Aux États-Unis, des lois spécifiques sont progressivement mises en place pour réglementer les deepfakes. La plupart des États américains ont des lois contre le « revenge porn », mais seuls quelques-uns – dont la Californie et le Texas – précisent que les deepfakes sont un média illégal. La Californie a également interdit l’utilisation de deepfakes de fonctionnaires et de candidats pendant les campagnes électorales.

Le Royaume-Uni ne dispose actuellement d’aucune loi spécifique sur les deepfakes. Cela signifie que les personnes ciblées par des deepfakes malveillants doivent utiliser les lois existantes, telles que celles contre la diffamation, pour porter des affaires devant les tribunaux.

La Chine a récemment promulgué une loi sur les deepfakes qui rend la plateforme elle-même responsable de la diffusion des deepfakes et interdit aux plateformes de recommander du contenu synthétique. La loi fait largement référence aux fausses informations, y compris les deepfakes, les fake news et autres médias jugés trompeurs.

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